Tendances et enjeux du secteur public : digitalisation & mobilité

Le service public se digitalise et exploite ses données pour améliorer la gestion de carrières

A l’heure de la numérisation des organisations et de l’évolution des modèles économiques, l’Administration a fourni ces dernières années de nombreux efforts et propose désormais aux citoyens de nombreux services en ligne, comme celui de la déclaration d’impôts.

Le programme pour l’action publique 2022, lancé en octobre 2017, vise à améliorer la qualité du service public grâce à la numérisation, à accompagner la baisse des dépenses publiques et également à fournir aux agents publics de nouveaux environnements de travail modernisés. L’objectif est d’exploiter ce qui a été fait pour les usagers pour améliorer et optimiser le travail des agents avec les technologies digitales. Par exemple, une partie du travail répétitif et chronophage pourrait être remplacé par des ‘bots’ (robots pour les tâches automatisées de back-office) et des ‘chatbots’ (assistants virtuels conversationnels pour le front-office) au sein des applications informatiques, dans le but de libérer du temps et de déployer les ressources disponibles sur des tâches à plus forte valeur ajoutée.

L’exploitation des données : un atout majeur

Le secteur public a bien conscience par ailleurs de posséder une multitude de données qui ne sont pas suffisamment exploitées. Or, sans les données, les technologies ne sont rien. Il faut donc identifier des données pertinentes, au sein des services RH et à l’extérieur, notamment avec les ‘open data’ ou données ouvertes. Pôle emploi par exemple a ouvert récemment ses données à l’écosystème de start-up RH, afin de favoriser la réinsertion professionnelle et le retour à l’emploi.

Mais jusqu’où peut-on aller dans l’exploitation des données dans le respect de la vie privée ? L’État a mis en place des simulateurs de carrière, qui peuvent informer sur les niveaux de rémunération. La mise à disposition de données agrégées et moyennées, issues de milliers ou de millions de personnes ne pose en pas de problème, mais si des données relatives à des faibles populations sont publiées, il y a alors à une obligation de confidentialité, comme pour certaines hautes fonctions. Ouvrir l’accès aux données dépend de choix politiques sensibles et se heurte potentiellement au cadre du respect de la vie privée. Au-delà de la simple acculturation au digital des agents, il existe de nombreux enjeux notamment en matière de respect de la vie privée et de secret professionnel ou politique.

Mobilité et évolution de carrières

Le secteur public tend à s’adapter aux évolutions sociétales, comme le fait le secteur privé, et il a bien compris que les ‘carrières à vie’ n’étaient plus envisageables, avec l’accélération des progrès technologiques et la remise en question permanente des compétences pour répondre à la demande des usagers et aux besoins des citoyens.

La gestion des carrières doit également être en phase avec les exigences d’évolution rapide des nouvelles générations et bouscule aujourd’hui les méthodes de gestion des emplois et des compétences, où une plus grande transparence est de mise. Une gestion de carrière des agents avec une meilleure visibilité et des voies de progression connues est nécessaire.

La mobilité a été favorisée au sein de la fonction publique, depuis la promulgation de la loi sur la mobilité des fonctionnaires du 3 Août 2009. Dès 2005, le gouvernement avait lancé un programme de fusion de corps de fonctionnaires permettant de passer de 685 à 380 corps.  Ces corps correspondant chacun à des statuts avec attributions et grilles de paie précises, leur nombre trop important était un frein à l’organisation de la mobilité à l’intérieur du service public. Grâce à des postes moins figés et à la possibilité de mettre en place des carrières transversales, l’administration donne un nouvel élan pour embrasser les changements actuels. Et en se modernisant, elle s’assure également un regain d’attractivité auprès des jeunes générations.